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Le cinéma, c'est comme l'amour, quand c'est bien, c'est formidable, quand c'est pas bien, c'est pas mal quand même. "George Cukor"

26 mars 2006

A toute épreuve

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En partance pour les USA, John Woo souhaite quitter Hong Kong en laissant une trace indélébile de sa présence dans le paysage cinématographique de l’ancienne colonie britannique. C’est chose faite avec son meilleur film à ce jour, son chef d’œuvre, j’ai nommé : A toute épreuve. Il nous concocte un polar nerveux ou Tequila, flic border-line fait équipe avec Tony un flic infiltré dans la mafia pour faire tomber un puissant vendeur d’armes qui sévit sur Hong Kong.   

   

Un accouchement dans la douleur

 
C’est un pont d’or qui est proposé à John Woo pour aller travailler à Hollywood mais, ce dernier ne veut pas quitter la ville qui l’a vu grandir sans rendre un dernier hommage à son public. C’est dans la douleur et l’artisanat cinématographique qui caractérise les tournages à Hong Kong de l’époque, que naît Hard Boiled.

Si on reconnaît indubitablement la maestria du maître en regardant les premières images du film, le tournage lui, n’a pas été de tout repos. Woo savait qu’il voulait offrir au public un film dans la lignée de l’inspecteur Harry. Il commence à tourner la première séquence de son film dans l’urgence, sans scénario parce que le salon de thé dans lequel se déroule la séquence d’introduction du film devait être détruit. Sitôt l’équipe de tournage hors du lieu que déjà, l’équipe de démolition s’afférait à effacer le bâtiment de la carte. Hélas, ce n’est que le début des ennuis...

Le scénariste et amis de Woo, Barry Wong qui envoyait le scénario au fur et a mesure que le film avançait décède d’une commotion cérébrale alors que les 2/3 du script étaient encore à écrire. A ce stade, le personnage de Tony ( le flic infiltré ) était encore un terroriste inspiré d’un fait réel. Finalement Woo s’affranchira du script pour tourner au feeling. Il s’enferme dans une ancienne usine qu’il transforme en plateau et y reconstitue les décors de l’entrepôt et celui de l’hôpital. Le réalisateur se transforme en despote. Empêchant les techniciens de rentrer chez eux, les privant de sommeil. Pendant un mois et demi, les techniciens ainsi que le réalisateur travaillent presque 24 heures sur 24 pour terminer le film dans les courts délais imposés par la production. Les techniciens travaillent d’arrache pied et Woo est le seul sur le plateau à savoir à quoi ressemblera le film.

Malgré le voyage au bout de l’enfer que représente le tournage, A toute épreuve sort en salles a Hong Kong en 1992 et deviendra une référence pour toute une génération à travers le monde. A partir de ce moment, le style John Woo étant à la mode n’aura de cesse d’être copié.


Un style à toute épreuve

Alors que John Woo voulait que A toute épreuve soit aussi réaliste qu’Un après midi de chien, il en a fait une sorte de Piège de cristal à Hong Kong pour mon plus grand bonheur ! Pour ce faire, il utilise les bonnes vieilles méthodes qu’il a expérimenté en tant que réalisateur ou comme premier assistant de Chang Cheh.

Tout d’abord, il ne s’embarrasse pas de rôles secondaires. Les deux acteurs principaux se taillent la part du lion. Ce sont les personnages les plus fouillés, les plus construit du film. D’un coté, il y a Tequila le flic consciencieux joueur de clarinette à ses heures perdues qui souhaite venger la mort d’un de ses collègue. Et de l’autre, on a Tony, flic infiltré dans la mafia, rongé par la solitude qui se calme en faisant de l’origami. Son supérieur hiérarchique ( qui est aussi celui de Tequila ) est le seul à connaître son identité. Les deux flics aimeraient faire bouger les choses et taper un grand coup mais ils se gênent mutuellement donc, ils vont unir leurs forces dans le combat contre le crime. Woo utilise ici le même schéma que Chang Cheh à savoir deux personnalités masculines forte qui ont la même motivation et qui se battent à l’image des Samurais avec droiture et respect de l’autre quitte à reléguer la femme dans un rôle de figuration ( ici c’est Teresa Mo qui en fait les frais ). Certains taxeront Woo de prôner l’homosexualité dans ses films, moi je préfère penser simplement qu’il n’est pas à l’aise avec la gent féminine.

Une autre des recette du maître de l’action made in Hong Kong est justement l’action ! Sous ses indications, les gunfights se transforment en balais où les Beretta et autres AK47 ont remplacés les petits rats d’opéra de Pékin. La preuve la plus flagrante est ce plans séquence de 3 minutes pendant lequel, les deux héros nettoient deux étages d’un hôpital remplis de bandits à coups de fusil a pompe et d’armes automatiques. Chez certains réalisateurs cette scène aurait été brouillon mais Woo la sublime et la transforme en un morceau de bravoure.

La dernière pièce maîtresse du cinéma de Woo se nomme David Wu. C’est son monteur officiel qui officie aussi sur A toute épreuve comme réalisateur de la seconde équipe. Cet homme est passé maître dans la technique de montage pour dynamiser le cinéma de Woo plus qu’il ne l’est déjà. Comme Woo tourne avec plusieurs caméras simultanément pour gagner du temps, Daniel Wu n’a plus qu’a laisser parler ses doigts experts pour placer le spectateur au cœur de l’action.

Après ce bijou, John Woo a quitté Hong Kong pour gagner en liberté de mouvements. Malheureusement, il a laissé derrière lui la recette pour réaliser des bons films. J’espère qu’il la retrouvera rapidement.


Viandox 

 

Posté par viandoxine à 15:07 - dans ma téloche - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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