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Le cinéma, c'est comme l'amour, quand c'est bien, c'est formidable, quand c'est pas bien, c'est pas mal quand même. "George Cukor"

26 mars 2006

Batman begins

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Batman Begins est la sixième excursion en couleur du « caped crusader » sur grand écran et, c'est une des meilleurs.

Oubliez Batman : The movie de 1966 ou le héros, armé de gadget fanfaronesques ( le spray anti-requins est une trouvaille génialement drôle ), flanqué d'un Robin assez idiot affrontait des méchants tout droit sortis d'un opéra comique. L'effet ridicule était renforcé par des bulles de bd qui apparaissait à l’écran lors des combats et dans lesquelles on pouvait lire des ouach, pow, huch etc... En gros, ce Batman était un film comique qui assumait pleinement son statut devenu depuis un must du kitch.

Mettez de coté Batman de Burton ( pour un temps seulement ) qui a redonné tout son panache et toute sa superbe a cette franchise de DC Comics. Le film est assez proche de la bd de par son environnement ( un mélange des années 50 pour les costumes et de l’univers gothique pour l'architecture ). La vision de Burton donne un Bruce Wayne romantique qui une fois engoncé dans son costume est réellement effrayant. C'est aussi une occasion or pour Jack Nicholson de briller dans la peau du Jocker qui, s’il ne fait pas forcement peur au premier regard nous effraye par sa démence. Le seul reproche a faire a ce film est la motricité du « dark nite » : Bruce Wayne est assez pataud dans son costume mais cella colle parfaitement a la situation puisque c'est non seulement une rencontre pour Batman avec son public mais aussi la première fois que Bruce Wayne enfile son costume rigide de la chauve souris. Ces quelques soucis seront gommés dans les autres aventures du « nite crusader » mais on tient déjà avec ce film un chef d’œuvre.

Burton remets le couvert 3 ans après avec Batman Returns qui est plutôt un film a la gloire des super méchants et ou le « caped crusader » fait de la figuration. L’univers de ce nouveau volet n'est plus aussi sombre que le premier Batman réalisé par Burton mais, il reste quand même bien glauque du fait de la personnalité tordue des supers vilains.

Enterrons définitivement Les films de Joel Schumacher ( Batman Forever et Batman & Robin ) qui ne sont pas digne de figurer ici. Batman et ses acolytes pré pubères et leurs tétons moulés sur leurs costumes auraient tout a fait trouvé leur place sur le char du Banana Café lors de la Gay Pride mais certainement pas dans un film de super-héros.

Parlons maintenant de ce qui nous intéresse : Batman begins.

Le réalisateur Christopher Nolan a décidé de nous faire découvrir la jeunesse et la quête initiatique du jeune Bruce Wayne avant qu'il ne devienne l'homme chauve souris. On suit son entraînement dans un coin reculé du monde avant qu’il ne devienne le bras vengeur de Ghotham.

Ce n'est qu'au bout de 40 minutes que l'on découvre le nouveau costume du Super héros et c’est également l'occasion de redécouvrir la ville de Ghotam qui est toujours un personnage a part entière. Elle n’est plus représenté comme une ville gotique mais comme une mégalopole avec des quartiers mal famés empreintés à Blade Runner ( d’après les dires de Christopher Nolan ).

La première chose que l’on se dit quand on découvre Christian Bale dans la peau de Bruce Wayne, c’est que l’acteur est vraiment une machine. Le type s'est quand même enchaîné le film The machinist ou il pesait 40 kilos tout mouillé et Batman ou il est sacrement costaud ( C'est surtout visible quand Alfred vient le réveiller après sa première expédition punitive nocturne) et ensuite on se dit qu'il est parfait pour le rôle du vengeur masqué.
Tient, parlons en des autres personnages : Michael Cain ( Alfred ) et Morgan Freeman ( Fox ) sont tous les deux impeccable et d'une sobriété magistrale. Cathy Holmes elle, ne sert a rien ( comme toute les femmes dans les films de super héros qui sont des univers machiste a mort ). Liam Neeson continue dans sa lancé et incarne encore un mentor ( après Star Wars et Kingdom of Heaven ) ayant une grande responsabilité dans la transformation de Bruce. Gary Oldman acteur génialissime s’il en est n’a pas assez de « screentime » pour qu'on puisse en profiter et, je ne parle pas non plus de Ken Watanabe qui n’est la que pour faire de la figuration.
Coté action, on est servi. A grand renfort d’équipement High tech ( dont Le tumbler, un monstre boufeur de bitume qui sert de nouvelle Batmobile ) Batman règle son compte a la vermine de Ghotham. Il leur tombe dessus comme une ombre gigantesque et utilise les arts martiaux pour ne laisser que contusions et membres cassés.

Le réalisateur décide d'éviter l’utilisation de la 3D qui ne rends pas encore parfaitement la notion de volume. Il préfère a cette technologie l’utilisation de maquettes et de modèles reduits et la aussi, c'est trop bon, impossible de faire la différence entre le tumbler en modèle réduit et son grand frère en taille réelle.

Voila, deux heures vingt de pur bonheur qui laisse un goût de frustration tant on aurait aimé en avoir plus. Malgré quelques faux pas ( notamment la voix de Batman ) le retour de Batman est une vrai  réussite.



Viandox

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Garden state VS Elisabethtown

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Dans le coin droit en short rouge, Cameron Crowe, réalisateur de 48 ans avec 6 films a son actif. Dans le coin gauche en short bleu, Zack Braff, acteur/réalisateur de 30 ans avec une seule réalisation au compteur. Pas question ici de livrer un combat sanglant, j’ai juste envie de vous livrer quelques pistes pour départager deux films qui se ressemblent en bien des points.

1/ Dans Garden State, Zack Braff se met en scène pour nous raconter l'histoire d'un acteur au chômage qui quitte Hollywood pour l'enterrement de sa mère. Chez Cameron Crow, c'est Orlando « je ne joue qu'en costume » Bloom qui tient le rôle central du film Elisabethtown. Il incarne un designer de chaussure qui a fait perdre à son entreprise 1 milliard de dollars et qui lui aussi, doit retourner dans son village natal l’enterrement de son père. Pour les deux hommes, l'enterrement d'un proche est surtout un prétexte pour se retrouver et se redécouvrir. Ils quittent tous les deux une mégalopole ( Los Angeles ) ainsi que des mauvais(es) sentiments/habitudes : Braff ne prends plus les médicaments qui calmaient ses nerfs depuis 15 ans et Bloom oublie ses tendances suicidaires.

2 /Le deuxième point de comparaison, est le personnage féminin des deux films. Si dans Garden State, c'est Natalie Portman qui joue la « rencontre amoureuse » de Braff, dans Elisabethtown, c'est Kristen Dunst qui s'y colle. Vous me direz qu'il n'y a rien d'étrange de trouver un personnage féminin qui tombe amoureuse du héros dans un film Hollywoodien mais dans les films suscités, les deux femmes ont en commun un sens de l'absurde et un comportement étrangement décalé. La jeune actrice brune incarne une mythomane et la blonde est d'une incroyable crédulité. On pourrait les prendre pour des idiotes alors qu'elles ne le sont absolument pas. Elles représentent un pan de la population complètement déboussolée ce qui tends a rendre leurs personnages humain.

3/ Troisième point de comparaison, la bande son. Si Crowe et Braff ont choisit d'accompagner leurs images de rock, il y a fossé entre les deux générations. Dans Garden State, la musique est interprétée par des artistes en vogue, alors que Crowe puise dans la cédé thèque qu'il a patiemment composé depuis l'âge de 13 ans ( épisode de sa vie qu'il raconte dans son film Presque célèbre ). Dans son film, Braff veut fédérer un public de trentenaire alors il leur sert ce qu'ils écoutent à longueur de journée. En revanche, on sent que Crowe veut partager son amour de la musique avec son publique. Comme un brocanteur, il a dut chiner pour trouver les morceaux qui colleraient à merveille avec son film.

Les deux films se ressemblent. Pourtant, le message véhiculé par chacun est assez différent. Si Garden State est un film réalisé par un trentenaire pour un public de sa génération, Elisabethtown, est a un fourre-tout, un film pensé comme une ultime réalisation par Cameron Crowe qui voudrait livrer un testament cinématographique.

Pour conclure, je dirai que ni Garden State ni Elisabethtown ne sont de mauvais films. Garden State est simplement loin du statut culte qu'on lui a décerné et, Elisabethtown n'est pas le meilleur film de Crowe.



Viandox

 

elisa

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The taste of tea

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On décrit souvent le japon comme un ensemble de mégalopoles ou les « salary men » (employés de bureaux au Japon ) sont speedés a mort. Un pays ou ça va vite et ou toute action entreprise devient rentable. Katsushito Ishii prends le contre-pieds de cette image pour nous emmener a la campagne à la rencontre de  la famille Haruno. Eux ils prennent le temps de vivre et d'apprécier le moment présent. Mais ce n'est pas leur seul force. Chacun dans cette famille de farfelu a une histoire a raconter si on prends le temps de les écouter. Sachiko la cadette elle essaye désespérément de se débarrasser de son double géant qui la suit partout. Hajime son grand frère aimerai bien défier sa timidité pour avouer son amour a la nouvelle venue dans sa classe. Yoshiko la mère de famille reprends ses activités de mangaka ( dessinatrice de mangas ) aidé par son beau père qui exerce la même activité. Nobuo le père de famille pratique quand a lui l'hypnose thérapeutique et le dernier membre de la famille, l'oncle Ayano est un ingénieur du son un peu spéciale.

Voici 3 bonnes raisons de voir ce film


1/ l'esprit complètement décalé de ce film ou le contemplatif ne rime pas avec ennui


2/ la galerie de personnages farfelus qui ferait penser a une version live de mes voisins les Yamada


3/ Tadanobu Asano qui est un acteur formidable. Comme Sean Penn, ce qui est énervant avec cet acteur c'est qu'il est toujours bon.

Viandox

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The constant gardener

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Après nous avoir fait découvrir le quotidien sordide des favelas brésiliennes dans la Cité de dieu, Fernando Meirelles revient avec The constant gardener . Ce film est une adaptation d’un roman de John Le Carré ou un diplomate anglais installé au Kenya enquête sur la cause de l’assassinat de sa femme avocate.

C'est à nouveau un sujet sensible auquel s’attaque Meirelles. Le film traite des expérimentations de médicaments en Afrique par de grands laboratoires pharmaceutiques. Cette fois ci, le réalisateur  a gommé les effets de caméra que l'on trouvait dans son précédent film pour ne garder que l'essentiel. Le parti pris de Meirelles pour son premier film produit par des capitaux américains est de tourner caméra a l’épaule comme pour un documentaire. Cette technique permet de restituer la nervosité de l’enquête menée jusqu’au tréfonds du Kenya par ce diplomate.

On se prends vite d’affection pour ce film alors que son sujet a de quoi glacer le sang. Surtout quand on comprend vraiment pourquoi Tessa Quayle ( Rachel Weisz ) est morte.

The constant gardener est un excellent film dont le sujet est au combien réaliste. La mise en scène, le scénario et la réalisation sont sans chichis et c'est ce qui fait la force de ce film poignant. Surtout quand on sait que la fiction de Le Carré n’est pas loin de la réalité ( Il n'y a qu'a se rappeler que Donald Rumsfeld est actionnaire majoritaire dans l'entreprise qui a fabriqué le Tamifu pour en être persuadé).

Viandox  

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Seven Swords

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« C'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes » cet adage s'adapte parfaitement a l'élan cinématographique chinois du moment. Après un retour fracassant de Jackie Chan dans un New Police Story gonflé à bloc, c'est au tour de Tsui Hark, un autre cinquantenaire de revenir sur le devant de la scène avec son dernier film, j'ai nommé Seven Swords.    

Wu Xia Pan Power

Alors qu'on le croyait artistiquement mort et condamné à réaliser des films difformes et indigestes comme Black Mask 2, c'est en 2004 que Tsui Hark fait de nouveau parler de lui et de son projet ambitieux. A l'heure des autoroutes de l'information, le bruit ne met pas longtemps à se propager. Les fans surexcités se pressent de relayer l'information sur les forums et autres sites Internet en espérant que Seven Swords sera à la hauteur de The blade, le chef d'œuvre que le réalisateur nous a offert en 1995. C'est d'un grand cri solennel que les adorateurs de Hark scandent : « Alléluia le messie est de retour ! ».

En 2004 donc, le monde entier est au courant que Tsui Hark réalise un wu xia pian. Le genre a été popularisé par Chang Cheh dans les années 60 et est revenu a la mode en l'an 2000 grâce à Ang Lee et son Tigre et Dragon ainsi qu'à Zhang Yimou et ses deux films Hero et Le secret des poignards volants. Pour Seven Swords, Tsui Hark ne s'embête pas trop avec les scènes contemplatives. D'ailleurs son scénario ne s'y prête pas vraiment. Le film conte l'aventure de 7 sabreurs possédants chacun une épée avec un pouvoir spécifique. Ces sabreurs s'unissent pour lutter contre des chasseurs de primes qui déciment les villages chinois.

Oubliez les scènes de Hero ou les protagonistes se battent dans des décors ressemblant a des tableaux colorés. Oubliez les combats aux allures de ballets de Tigre et Dragon. A l'opposé de ses collègues Lee et Yimou, Hark réalise un film brutal et bestial et dès les premières images, on est prévenu. On sait que le film sera axé sur les combats.

Seven Swords = The Blade 2 ?

La question brûle les lèvres de tous ceux qui ont redécouvert le cinéma grâce à The Blade : est ce que Seven Swords est aussi bon que The Blade, Tsui Hark est-il capable de réitérer l'exploit de 1995 ? Si en posant la question on se demande si les chorégraphies des combats sont impressionnantes alors là, je dis oui. La scène qui ouvre le film, un vrai monument de cruauté en est la preuve irréfutable. C'est un massacre de villageois où la caméra devient furieuse et où le cinéma de Tsui Hark reprend pleinement ses droits de siéger à l'Olympe du septième art. Si le réalisateur d'origine vietnamienne se permet une entorse à la promesse faite a son public de ne pas utiliser de câbles pour ses combats, il n'en reste pas moins vrai que les scènes de mêlés ou autres affrontements sont spectaculairement bien réglées. De ce coté la, on est rassuré. A vrai dire, avec l'artiste martial Donnie Yen a la tête des 7 sabreurs il ne pouvait pas en être autrement...

Par contre, là ou le film pêche, c'est dans la multiplication des personnages principaux. Si dans The Blade, le héros était seul, dans Seven Swords, les héros sont sept et à l'exception de quelques maigres flash-back, on ne connaît rien de leurs motivations ou de leur passé. Ils sont balancés à la face du spectateur tout comme le créateur des 7 épées. Si les héros ont été choisis pour porter les 7 épées, on ne sait pas non plus pourquoi. C'est dommage, cela empêche de s'impliquer au delà du simple statut de spectateur. J'aurais le même reproche pour la meute de chasseurs de primes. Ils sont habillés comme si ils sortaient tout droit d'un conte d'heroïc fantasy ou d'un RPG mais leurs caractères n'ont aucune épaisseur. Ce sont juste des brutes sanguinaires avec de grosses épées. Dix ans après The Blade, Tsui Hark arrive encore à innover. On en oublierait presque son détour par Hollywood et son insupportable Black Mask 2. Si les combats orchestrés avec brio de Seven Swords arrivent encore a nous étonner, il manque un petit quelque chose pour donner à ce film une dimension épique. Un petit quelque chose qui s'est peut être perdu dans les bobines supplémentaires que Tsui n'a pas monté. On sera fixé si un jour on découvre le montage de 4 heures qu'il devait diffuser au cinéma.

Viandox 

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A toute épreuve

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En partance pour les USA, John Woo souhaite quitter Hong Kong en laissant une trace indélébile de sa présence dans le paysage cinématographique de l’ancienne colonie britannique. C’est chose faite avec son meilleur film à ce jour, son chef d’œuvre, j’ai nommé : A toute épreuve. Il nous concocte un polar nerveux ou Tequila, flic border-line fait équipe avec Tony un flic infiltré dans la mafia pour faire tomber un puissant vendeur d’armes qui sévit sur Hong Kong.   

   

Un accouchement dans la douleur

 
C’est un pont d’or qui est proposé à John Woo pour aller travailler à Hollywood mais, ce dernier ne veut pas quitter la ville qui l’a vu grandir sans rendre un dernier hommage à son public. C’est dans la douleur et l’artisanat cinématographique qui caractérise les tournages à Hong Kong de l’époque, que naît Hard Boiled.

Si on reconnaît indubitablement la maestria du maître en regardant les premières images du film, le tournage lui, n’a pas été de tout repos. Woo savait qu’il voulait offrir au public un film dans la lignée de l’inspecteur Harry. Il commence à tourner la première séquence de son film dans l’urgence, sans scénario parce que le salon de thé dans lequel se déroule la séquence d’introduction du film devait être détruit. Sitôt l’équipe de tournage hors du lieu que déjà, l’équipe de démolition s’afférait à effacer le bâtiment de la carte. Hélas, ce n’est que le début des ennuis...

Le scénariste et amis de Woo, Barry Wong qui envoyait le scénario au fur et a mesure que le film avançait décède d’une commotion cérébrale alors que les 2/3 du script étaient encore à écrire. A ce stade, le personnage de Tony ( le flic infiltré ) était encore un terroriste inspiré d’un fait réel. Finalement Woo s’affranchira du script pour tourner au feeling. Il s’enferme dans une ancienne usine qu’il transforme en plateau et y reconstitue les décors de l’entrepôt et celui de l’hôpital. Le réalisateur se transforme en despote. Empêchant les techniciens de rentrer chez eux, les privant de sommeil. Pendant un mois et demi, les techniciens ainsi que le réalisateur travaillent presque 24 heures sur 24 pour terminer le film dans les courts délais imposés par la production. Les techniciens travaillent d’arrache pied et Woo est le seul sur le plateau à savoir à quoi ressemblera le film.

Malgré le voyage au bout de l’enfer que représente le tournage, A toute épreuve sort en salles a Hong Kong en 1992 et deviendra une référence pour toute une génération à travers le monde. A partir de ce moment, le style John Woo étant à la mode n’aura de cesse d’être copié.


Un style à toute épreuve

Alors que John Woo voulait que A toute épreuve soit aussi réaliste qu’Un après midi de chien, il en a fait une sorte de Piège de cristal à Hong Kong pour mon plus grand bonheur ! Pour ce faire, il utilise les bonnes vieilles méthodes qu’il a expérimenté en tant que réalisateur ou comme premier assistant de Chang Cheh.

Tout d’abord, il ne s’embarrasse pas de rôles secondaires. Les deux acteurs principaux se taillent la part du lion. Ce sont les personnages les plus fouillés, les plus construit du film. D’un coté, il y a Tequila le flic consciencieux joueur de clarinette à ses heures perdues qui souhaite venger la mort d’un de ses collègue. Et de l’autre, on a Tony, flic infiltré dans la mafia, rongé par la solitude qui se calme en faisant de l’origami. Son supérieur hiérarchique ( qui est aussi celui de Tequila ) est le seul à connaître son identité. Les deux flics aimeraient faire bouger les choses et taper un grand coup mais ils se gênent mutuellement donc, ils vont unir leurs forces dans le combat contre le crime. Woo utilise ici le même schéma que Chang Cheh à savoir deux personnalités masculines forte qui ont la même motivation et qui se battent à l’image des Samurais avec droiture et respect de l’autre quitte à reléguer la femme dans un rôle de figuration ( ici c’est Teresa Mo qui en fait les frais ). Certains taxeront Woo de prôner l’homosexualité dans ses films, moi je préfère penser simplement qu’il n’est pas à l’aise avec la gent féminine.

Une autre des recette du maître de l’action made in Hong Kong est justement l’action ! Sous ses indications, les gunfights se transforment en balais où les Beretta et autres AK47 ont remplacés les petits rats d’opéra de Pékin. La preuve la plus flagrante est ce plans séquence de 3 minutes pendant lequel, les deux héros nettoient deux étages d’un hôpital remplis de bandits à coups de fusil a pompe et d’armes automatiques. Chez certains réalisateurs cette scène aurait été brouillon mais Woo la sublime et la transforme en un morceau de bravoure.

La dernière pièce maîtresse du cinéma de Woo se nomme David Wu. C’est son monteur officiel qui officie aussi sur A toute épreuve comme réalisateur de la seconde équipe. Cet homme est passé maître dans la technique de montage pour dynamiser le cinéma de Woo plus qu’il ne l’est déjà. Comme Woo tourne avec plusieurs caméras simultanément pour gagner du temps, Daniel Wu n’a plus qu’a laisser parler ses doigts experts pour placer le spectateur au cœur de l’action.

Après ce bijou, John Woo a quitté Hong Kong pour gagner en liberté de mouvements. Malheureusement, il a laissé derrière lui la recette pour réaliser des bons films. J’espère qu’il la retrouvera rapidement.


Viandox 

 

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De battre mon coeur s'est arreté

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Déjà dans le premier plan, Jacques Audiard nous montre une nouvelle facette de son talent. C'est un dialogue entre Tom (Romain Duris) et un de ses associé. Au lieu de tourner en champ/contre-champ, ici Audiard joue la carte du mouvement. La caméra n'arrête pas de bouger et de suivre chacun des interlocuteurs dans un plan séquence réglé comme du papier a musique. Jacques Audiard n'est pas un grand technicien, on le connaît surtout pour ses scénarios et sa direction d'acteurs. Mais ici, la caméra d'Audiard saura se faire nerveuse sans pour autant nous donner la nausée. Au niveau de la lumière, le travail est aussi intéressant. Ce n'est pas une "belle" lumière comme chez Jeunet mais une lumière qui joue souvent des ombres chinoises rappelant les comics de Franck Miller dans sa période Sin City.

Je vous mentirais si je vous disais que je connais les oeuvres qui ont servi a Audiard pour faire ce remake ( Mélodie pour un tueur de James Tobak qui est lui même un remake de ne tirez pas sur le pianiste ) donc, je ne vous parlerai que du scénario co-écrit par Tonino Benacquista et Jacques Audiard : Tom est un vendeur de biens immobiliers qui n'hésite pas a se salir les mains pour louer ses appartements. En parallèle a cette activité journalière, Tom a repris le piano qu'il n'avait pas retouché depuis 10 ans. Tom sera aidé dans cette redécouverte du piano par une jeune professeur de piano chinoise. Ne parlant pas la même langue c'est par le langage musicale qu'ils vont communiquer.

Je n'aurais jamais cru pouvoir écrire cela un jour, pourtant il faut l'avouer, Romain Duris livre une interprétation juste comme rarement il l'a fait. Niels Arestrup qui joue le père de Tom est attachant sinon touchant et Emanuelle Devos malgré son tout petit rôle est aussi doué que dans "Sur mes lèvres". C'est ici qu'on se rends compte du génie de Jacques Audiard concernant la direction d'acteurs. Même Aure Atika qui n'est pas connu pour être une grande actrice joue juste.

Si Jacques Audiard utilise un sujet déjà exploité Par le réalisateur James Tobak, le résultat est époustouflant de maîtrise. Audiard a ciselé le sujet de Tobak pour le transformer en véritable joyaux.


Viandox
 

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Million dollar baby

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Le dernier Clint Eastwood est un film sur la boxe mais pas seulement... c'est aussi un film sur les sentiments, sur la tendresse d'un père, sur l'amitié et sur la rédemption.

Clint eastwood campe Frankie Dunn, un vieil entraîneur de boxe rongé par son passé : Alors qu'il n'était que soigneur, Eddi Scrap (Morgan Freeman) livre son cent-neuvième et dernier combat. A cause de ce match, Scrap perdra l'usage d'un de ses yeux. Frankie s'en veut depuis ce temps la de n'avoir pas put arrêter le combat. Depuis, ils traînent tous les deux leur carcasses usées dans le gymnase qui appartient a Dunn. Maggie Fitzgerald ( Hilary Swank ) déboule dans la vie du gymnase et demande a Franky de l'entraîner mais il refuse. La raison est simple, C'est une fille et au goût de Franky elle est trop vieille pour boxer. A force de d'obstination, grâce a un coup de pouce de Scrap elle réussit a convaincre Frankie de l'entraîner. De toute façon, elle n'a pas beaucoup de choix : Soit elle fait carrière dans la boxe, soit elle reste a servir dans un bar minable a vie.

Le gymnase de Frankie est vieillot comme souvent dans les films de boxe mais, ici le lieu vétuste est presque plus frais que ses occupants. Frankie et Scrap sont comme un vieux couple qui connaissent les habitudes de l'autre par cœur. Il y a une complicité qui ne les empêche pas de se dire leurs 4 vérités quand besoin est. Ils sont amis et complice et on sent vraiment que cela dépasse le cadre du cinéma. Pourtant cette amitié et ce respect qui semble durer depuis des siècles s'arrête a la porte du gymnase. Ils ne boivent pas de bière ensemble comme le ferait des collègue et ne partagent ( a part la boxe ) aucun hobby. Frankie lorsqu'il n'est pas au gymnase va a l'église et courrouce le prêtre a tel point que celui-ci en vient a l'insulter. Sinon, il envoie des lettres à sa fille avec qui il a perdu le contact depuis bon nombre d'années. Scrap lui n'a pas de vie après le gymnase d’ailleurs il y habite. Quand Maggie intègre l'équipe, ça ne change pas la vie du gymnase mais doucement, les relations entre ce vieil entraîneur et cette boxeuse motivé glissent du professionnel vers de l'amitié et plus tard de l'affection réciproque. Maggie prendra la place de la fille de Frankie et lui, deviendra la seul famille de la jeune femme.
Clint Eastwood pour son départ a la retraite en tant qu'acteur nous montre une nouvelle facette de son jeu. Comme un boxeur quittant le circuit professionnel, il veut partir en laissant sa trace dans nos mémoires. C'est réussit car avec une justesse dans cette compassion et cette tristesse qu'on ne lui connaît pas, il brille.

Morgan Freeman tout juste auréolé de son Oscar pour meilleur second rôle est lui aussi d'une justesse a toute épreuve. On ne peut vraiment pas dire qu'il a volé sa récompense. Sa voix de basse nous guide pendant tout le film comme c'était déjà le cas dans les évadés comme pour combler le peu de trous laissés sciemment par le réalisateur.
Hilary Swank a la différence de Michelle Rodriguez que l'on a découvert grâce a Girlfight "offre" un jeu tout en finesse et en nuances et n'utilise pas la même moue affreuse pour exprimer ses sentiments.
Clint Eastwood le réalisateur n'en a jamais fait des caisses mais la plus que jamais, sa mise en scène est épurée, simplifiée au maximum pour ne garder que l'essentiel. On connaît la réputation de Clint pour finir ses tournages en avance sur le planning et de ne pas faire faire aux acteurs plus de 2 prises. Quand on regarde ses oeuvres on se dit que ça a l'air si simple de réaliser un film.

Il est aidé dans sa tache par son chef opérateur Tom Stern avec qui il a collaboré a plusieurs reprise. La lumière est magnifique. Jouant avec l'ombre pour donner une noirceur constante tout au long du récit.
A l'heure ou le pape et SAS Régnier vivent leurs derniers jours, une autre flamme disparaît : Clint Eastwood le dinosaure s'en va. En espérant qu'il revienne sur sa décision d'en finir avec le métier d'acteur et qu'il fasse encore de nombreux films. Voila j'espère que ce film vous touchera autant que moi.

Viandox

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Ray

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Décidément les américains sont doués pour les biographies filmés. Mais la ou le film sur Ray Charles est extraordinaire, c'est dans l'implication de Jamie Foxx. A la différence de Leo Di Caprio dans Aviator ou Will Smith dans Ali, Jamie Foxx ne fait pas qu'interpréter le rôle de Ray Charles, il EST Ray Charles. Le mimétisme est totale. Non seulement au niveau de la ressemblance physique mais aussi dans ses attitudes et sa gestuelle.
Le réalisateur Taylor Hackford n'en n'est pas a son galop d'essai. On lui doit des films comme officier et Gentleman et aussi l'avocat du diable .On le connais aussi en tant que producteur et monteur du documentaire sur Mohamed Ali When we were kings.
Ici il livre un film sur la vie de Ray Charles mais ne nous sert pas un film lisse ou consensuel pour autant. On découvre par exemple les problèmes de Ray Charles avec la drogue et son penchant pour les femmes.

Ray est une expérience intense, un film sur un héros des temps modernes qui avait pourtant tout pour ne pas le devenir.


Viandox

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