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Le cinéma, c'est comme l'amour, quand c'est bien, c'est formidable, quand c'est pas bien, c'est pas mal quand même. "George Cukor"

06 avril 2006

Antarctic Journal

antarcticj_affiche


Six grimpeurs coréens se lancent à la conquête d’un challenge qui a été relevé la dernière fois en 1958 par une expédition soviétique : Le point d’inaccessibilité qui représente l’endroit le plus éloigné des cotes de l’antarctique. Durant ce voyage, l’équipe va trouver le journal d’une expédition anglaise menée 80 ans auparavant et, c’est à partir de ce moment que des phénomènes étranges vont se produire.

Pour son premier film, Lim Pil-seong a décidé de quitter le milieu urbain des villes coréennes pour tourner dans les montagnes enneigées de la Nouvelle Zélande. Il livre un film qui commence comme une aventure d’alpinisme classique mais qui va vite se transformer en thriller avec des incursion dans le domaine du fantastique.

C’est à coups de plans larges filmés depuis les airs, que l’on nous présente les hommes de l’équipages. Ils marchent fièrement sur l’immense tapis blanc arctique. A l’exception de Kim Min-jae ( interprété par Yoo Ji-tae le bourreau de old boy ), Ils ont tous déjà travaillé sous les ordres de leur capitaine ( Song Kang-ho que je considère comme le Gérard Depardieu coréen ). Ils le voient comme un héros et le respectent comme un père et,c’est avec détermination et envie de se surpasser qu’ils le suivent.

On découvre vite le quotidien morne de ses hommes. Ils marchent, mangent du porridge, dorment, marchent, mangent du porridge, etc…

A ce train la, la trame linéaire du film aurait vite fait de rendre le récit ennuyeux mais, une découverte va faire basculer le film dans une dimension fantastique : Le journal d’une expédition menée par une équipe anglaise dans les années 20. Ce manuscrit va être l’écho de l’aventure. Ainsi, quand un des alpinistes coréens disparaît dans le blizzard et que l’équipe part à sa recherche, ce n’est pas son corps que l’on retrouve mais celui d’un des hommes de la cordée britannique. Ce phénomène étrange n’empêchera pas pour autant l’équipe coréenne de progresser vers le point d’inaccessibilité. En effet, les vivres se font rares et, pour survivre il faut continuer à marcher. En tout cas, c’est le pressentiment du capitaine qui va commencer a se mettre a dos son équipe et a semer le doute sur sa capacité de meneur d’hommes. On comprend maintenant sa motivation qui est d’arriver coûte que coûte a destination quitte à laisser des hommes derrière lui.

Le périple se fait de plus en plus douloureux. Les hommes sont fatigués, affamés et atteint par la gangrène pour certains et ce n’est pas la présence surnaturelle qui va les aider bien au contraire. Je l’appelle présence surnaturelle car je ne saurai lui donner d’autre nom ( le choix est laissé au spectateur de lui donner une identité. On peut imaginer que c’est le fantôme d’un alpiniste ou tout simplement un des esprits maléfiques de la montagne ). Cette chose que l’on ne voit jamais et que l’on devine tapie sous la neige a épier l’équipe provoque des hallucinations chez les uns ou développe un sentiment de paranoïa chez les autres. Après une scène a vous retourner l’estomac (le capitaine qui scie le pied gangrené d’un de ses équipiers ), ce n’est finalement qu’a deux qu’ils atteindront le point d’inaccessibilité.

Malgré un scénario assez simpliste, Lim Pil-seong arrive à insuffler à son film une ambiance malsaine. A partir de la découverte du journal de bord de l’expédition anglaise ( qui donne son titre au film ), l’auteur / réalisateur arrive à garder le spectateur en haleine au rythme de la déchirure qui s’opère au sein de l’équipe. L’atmosphère est lourde comme une chape de plomb et la présence surnaturelle y est pour beaucoup. Mais le fantastique n’est pas le seul attrait du métrage. C’est également une étude sur l’être humain lorsque celui-ci a atteint ses limites. En effet, le dépassement de soi même, un moral d’acier et l’esprit d’équipe sont au cœur de ce film. Ce qu’a bien compris le comédien Yoo Ji Tae qui marchait 25 kilomètres par jour pour préparer son rôle.

Voilà. Pour un premier film, c’est un pari réussit. A aucun moment le film ne faiblit ou s’enlise pour se transformer en une vulgaire série b fantastiquement cheap. J’avais peur de tomber sur une re-sucée de film d’horreur japonais mais il n’y avait rien de tout cela. Je n’y ai vu qu’un scénario intelligent, une mise en scène inventive et surtout une interprétation de très haut niveau ( grâce notamment a Song Kang ho mais surtout grâce à Yoo Ji-tae )

Viandox

Posté par viandoxine à 21:04 - dans ma téloche - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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