06 avril 2006
Seoul Raiders
Suite au succès au box office de Tokyo
raiders en l’an 2000, un producteur malin a décidé de reprendre le concept du
film en exportant l’action et les comédiens dans la ville de Séoul. C’est donc
tout naturellement que l’on retrouve Tony Leung dans la peau d’un James Bond
chinois entouré comme il se doit de jolies assistantes.
Coté gent
féminine, c’est Shu Qi qui assure le minimum avec un rôle assez proche de celui
qu’elle interprétait déjà dans le transporteur. En gros, sa présence n’a pas
d’autre intérêt que de montrer son joli minois et d’assurer le quota féminin du
film.
Et pour
finir, on a droit a une destination exotique puisque le film se déroule à
Séoul. Ca fait des vacances gratuites pour les acteurs mais sincèrement, le
film se serait déroulé dans un autre pays, on y aurait vu que du feu car le peu
de plans de la capitale coréenne ne mettent pas en valeur cette jolie ville.
Viandox
Initial D
Après l’énorme succès populaire de la trilogie Infernal
Affairs, le tandem Alan Mak et Andrew Lau revient derrière la caméra
pour transposer le manga Initial D sur grand écran. Ils délaissent pour un
temps l’univers du polar pour se consacrer à un film sur la course automobile.
Pour Andrew Lau, ce n’est pas une première puisqu’il a déjà réalisé en 1999 un
film dans la même veine répondant au nom de Legend of speed.
Donc quand on parle de film sur les courses automobile,
j’imagine un univers qui fait la part belle aux véhicules tunnés, a la vitesse,
au rap et aux jeunes femmes dénudées. J’imagine un film qui serait comme un
clip de rap d’une heure trente. Heureusement, le scénario est écrit assez
intelligemment pour ne pas tomber dans les travers qui font de Fast and Furious
de Rob Cohen un film gonflé a la testostérone complètement dénué de sens.
A l’instar
de l’image qu’il renvoie dans ses clips, Jay joue ici un jeune homme timide et
introverti. C’est un rôle qui lui va comme un gant. Le reste du casting est lui
aussi impeccable a l’image du vétéran Anthony Wong ou de Jordan Chan.
Le premier interprète Bunta père de Takumi, ancien coureur
automobile tombé dans l’alcoolisme depuis la mort de sa femme. Et, le second
est Kyouichi Sudou meilleur amis et accessoirement side kick comique
de Takumi.
Enter the phoenix
Découvert en Europe par le grand public grâce à Shaolin
Soccer, Stephen Chow et ses kung-fu comedy font des émules dans les rangs
des cinéastes cantonais. Le dernier a s’engouffrer dans la brèche se nomme
Stephen Fung. Il utilise le terreau du polar pour planter son décor et nous
étonner avec sa réalisation inspirée.
Avec de sérieux acquis dans le domaine des arts martiaux, un
diplôme de graphisme obtenu aux états unis et un producteur répondant au nom de
Jackie Chan, Enter the Phoenix ne pouvait faire que des étincelles.
Si le
scénario paraît simpliste, c’est pour permettre à Fung de s’affranchir du fond
et de se concentrer sur la forme. La réalisation est fluide, inventive et
s’inspire du meilleur du cinéma asiatique et américain. Les amateurs de cinéma
reconnaîtront d’ailleurs quelques références au cinéma de John Woo et à celui
de Tarantino.
Le film n’appartient à aucun style en particulier. Fung
navigue entre la comédie qui cogne en dessous de la ceinture, le wire kung-fu
et le film de triade avec aisance. Les quelques fois ou j’ai regardé ma montre,
c’est à cause de l’humour cantonais que je ne comprends pas. Sinon, les
différents ingrédients du film se marient à merveille.
Dragon Ball
L’émission Club Dorothée était un de mes
rendez-vous télévisuels préféré pendant mon enfance. Vous vous demandez
pourquoi ? Si je vous parle des chevaliers du zodiaque, de Ken le survivant, du
collège fou fou fou, de Jayce et les conquérants ou de Nicky Larson, ça doit
aussi vous rappeler des souvenirs. En tout cas pour moi, c’était l’époque de la
découverte des dessins animés japonais et, plus particulièrement Dragon Ball.
Ces boules de cristal ont un pouvoir magique. Une fois
réunies elles permettent d’invoquer un dragon géant ayant le pouvoir d’exaucer
n’importe quel souhait ou presque. Seulement, San Goku et sa
copine Bulma ne sont pas les seuls à chercher les boules. D’autres
personnes nourrissent de funestes rêves comme régner sur le monde. Ce qui, lors
des rencontres, je vous le laisse imaginer donne lieu a des combats impressionnants.
Les ennemis de Goku sont souvent rompus à des techniques de combat
mortelles mais le jeune homme possède des armes non conventionnelles comme son
bâton magique pour les affronter.
Quand j’ai entendu parler d’une adaptation live de cet
univers, je n’ai pas hésité à me porter acquéreur du DVD. Sitôt rentré dans mes
pénates, je glisse le précieux dans mon lecteur, m’installe
confortablement dans mon canapé et comme dirait Nadia de sa voix
horripilante et nasillarde, c’est parti pour le show. J’espérai simplement que
le réalisateur ne serait pas un tâcheron car, retranscrire en une heure trente
une saga qui a duré près de dix ans sur le petit écran est une entreprise
extrêmement périlleuse. Première désillusion, C’est l’illustre inconnu Joe Chan
qui s’y colle…
Ne
cherchez pas de dimension philosophique dans le film parce que vous n’en
trouvez pas. En revanche ce que vous trouverez, ce sont des similitudes avec Le
roi singe de Jeffrey Lau avec Stephen Chow. Il n’y a
Rien d’étonnant la dedans puisque le manga et le film de Lau
s’appuient tous deux sur le même compte chinois. Dans Le film de Lau, les
combats sont magnifiques et les moments de comédie sont hilarants grâce au
talent Stephen Chow. Par contre si Dragon Ball m’a fait rire c’est surtout à
cause de sa facture kitch et ses effets spéciaux.
Le budget aussi restreint que celui d’un épisode de Bioman et l’ambition
démesurée du réalisateur sont antinomique mais peut importe. Joe Chan qui a
fait ses études de cinéma au sein de la très prestigieuse MAC GYVER SCOOL
OF ART a plein d’idées. Comme son mentor et créateur de l’école, il peut
fabriquer un voilier de 4 mats a partir d’une coque de noix. Pour son film,
Chan utilise des chutes de pellicules usagées, laisse les acteurs en roue libre
et n’utilise pas d’éclairage mais le plus beau dans tout ça reste les effets
spéciaux. Comment recréer l’attaque d’un village par des vaisseaux spatiaux ou
faire apparaître le fidèle nuage magique de Goku ? La solution est simple
: Le monteur du film a gratté la pellicule pour faire apparaître des
formes triangulaires censées représenter les vaisseaux et en a fait de même
pour le nuage.
Maintenant,
la cerise sur le gâteau… Coté action, puisque c’est quand même la base du
manga, c’est mou, flasque et ça va à deux a l’heure. Les acteurs connaissaient
ils les arts martiaux avant le tournage du film ? J’en doute ! Après avoir
nourri les techniciens la production ne devait plus avoir d’argent pour engager
un chorégraphe pour les combats et ça se voit autant que les câbles qui
retiennent les comédiens. Un chorégraphe aurait au moins servi à cacher ces
maudits câbles.
Antarctic Journal
Six grimpeurs coréens se lancent à la conquête d’un challenge
qui a été relevé la dernière fois en 1958 par une expédition soviétique : Le
point d’inaccessibilité qui représente l’endroit le plus éloigné des cotes
de l’antarctique. Durant ce voyage, l’équipe va trouver le journal d’une
expédition anglaise menée 80 ans auparavant et, c’est à partir de ce moment que
des phénomènes étranges vont se produire.
C’est à coups de plans larges filmés depuis les airs, que
l’on nous présente les hommes de l’équipages. Ils marchent fièrement
sur l’immense tapis blanc arctique. A l’exception de Kim Min-jae (
interprété par Yoo Ji-tae le bourreau de old boy ), Ils ont tous déjà travaillé
sous les ordres de leur capitaine ( Song Kang-ho que je considère comme le
Gérard Depardieu coréen ). Ils le voient comme un héros et le respectent comme
un père et,c’est avec détermination et envie de se surpasser qu’ils le suivent.
On découvre vite le quotidien morne de ses hommes. Ils
marchent, mangent du porridge, dorment, marchent, mangent du porridge, etc…
Le périple se fait de plus en plus douloureux. Les hommes
sont fatigués, affamés et atteint par la gangrène pour certains et ce n’est pas
la présence surnaturelle qui va les aider bien au contraire. Je l’appelle
présence surnaturelle car je ne saurai lui donner d’autre nom ( le choix est
laissé au spectateur de lui donner une identité. On peut imaginer que c’est le
fantôme d’un alpiniste ou tout simplement un des esprits maléfiques de la
montagne ). Cette chose que l’on ne voit jamais et que l’on devine tapie sous
la neige a épier l’équipe provoque des hallucinations chez les uns ou développe
un sentiment de paranoïa chez les autres. Après une scène a vous retourner
l’estomac (le capitaine qui scie le pied gangrené d’un de ses équipiers
), ce n’est finalement qu’a deux qu’ils atteindront le point
d’inaccessibilité.
Voilà. Pour un premier film, c’est un pari réussit. A aucun
moment le film ne faiblit ou s’enlise pour se transformer en une vulgaire série
b fantastiquement cheap. J’avais peur de tomber sur une re-sucée de film
d’horreur japonais mais il n’y avait rien de tout cela. Je n’y ai vu qu’un
scénario intelligent, une mise en scène inventive et surtout une interprétation
de très haut niveau ( grâce notamment a Song Kang ho mais surtout grâce à Yoo
Ji-tae )
Viandox




