31 juillet 2006
Révélations
Jeffrey Wigand, ancien chercheur dans l’industrie du
tabac et Lowell Bergmann journaliste d’investigation sont sur le point de faire
une révélation sur le tabac aussi explosive que la bombe H : Les
fabricants de tabac rajoutent aux cigarettes des substances pour accroître
l'accoutumance du fumeur. Ces substances seraient aussi efficaces que des drogues
dures pour l’organisme humain. Les deux hommes se battrons jusqu’au bout pour
faire émerger cette vérité hermétique au dépends de leurs vies et de leurs
carrières.
Avec « révélations » Mann s’attaque au
film d’investigation. Au passage il éclabousse les la justice, le monde de la
télévision et surtout l’industrie du tabac. Il se base sur un fait réel pour créer
de toute pièce ce thriller haletant puisque un procès contre Phillip Morris
était encore en cours lors du tournage. Bien évidement, le réalisateur s’entoure
d’excellents acteurs. Il rappelle l’immense Al Pacino avec qui il a déjà travaillé
sur « Heat » pour lui donner le rôle de Lowell Bergmann et lui
adjoint Russel Crow qui est somptueux dans son interprétation de Jeffrey Wigand.
Comme à chaque fois chez Mann, la réalisation est brillante et envolée mais
pour s’exprimer sur ce sujet sensible, il a opté pour la sobriété absolue.
Si vous aimez les films comme « les hommes du
président » ou les récents « Syriana » et « The constant
gardener », vous aimerez «
Révélations ». C’est un film de studio mais pourtant Mann garde une si grande
liberté de mouvements et de pensée qui cela lui permet d’apporter un ton
résolument réaliste a son métrage.
Viandox
30 juillet 2006
Heat
Suite au
braquage d’un fourgon blindé qui tourne mal, 3 convoyeurs sont tués. Vincent Hanna
flic de haut vol fait la chasse à Neil Mc Cauley et à son équipe de braqueurs disciplinée
et prêt à dégainer a tout moment. Les deux hommes se respectent énormément mais
Los Angeles est une ville trop petite pour eux. Il ne doit en rester qu’un.
J’en ai rêvé,
Michael Mann l’a fait. S’ils se croisent dans le second volet du parrain, c’est
Mann qui fait se rencontrer Al Pacino et Robert De Niro. En enrôlant deux
monstres sacrés du cinéma américain encore en activité, Mann frappe très fort. Même
si la présence des deux hommes crève littéralement l’écran, ils ne sont pas les
seuls facteurs de réussite du film. Depuis le succès « Du dernier des
mohicans », Mann s’est embourgeoisé. Il voit plus grand, plus chère, il rêve
et par la même occasion nous fait aussi rêver. Heat n’a plus grand chose à
avoir avec « L.A Takedown », la version télé réalisée par Mann
quelques années plus tôt. Si le scénario reste le même, pour la version ciné les acteurs sont remplacés
et le budget décuplé. L’exemple le plus flagrant de cette explosion de budget
est la scène de poursuite filmée dans le
quartier des affaires de Los Angeles. La scène ressemble a de la guérilla
urbaine. Des milliers de munitions sont utilisées, d’énormes moyens sont mis en
œuvre pour les effets pyrotechniques mais le plus impressionnant c’est ce
fameux quartier d’affaires fermé pendant plusieurs jours car Mann n’avait l’autorisation
que d’y tourner les dimanches matins.
Mann met les
petits plats dans les grands avec Heat. C’est un polar nerveux ou l’action est
spectaculaire. Le scénario intelligent évite le manichéisme et nous ramène dans
notre enfance quand on rêvait en 16/9 eme en jouant aux gendarmes et aux voleurs. Le charme agit d’autant
plus qu’ici le gendarme s’appelle Pacino et que le voleur se nomme De Niro.
Viandox
Le dernier des mohicans
Au milieu
du 18eme siècle, alors que les anglais combattent les français pour s’établir
sur le sol américain, trois chasseurs mohicans traversent les Amériques pour
protéger une jeune aristocrate anglaise pourchassée par des guerriers de la
tribu des hurons
Chaque grand réalisateur a son film épique. Pour Kubrick c’était Barry Lindon,
pour Spielberg c’était la liste de Schindler, pour Ridley Scott c’était
Gladiator, etc.… Chez Michael Mann le chef d’œuvre s’appelle « Le dernier des
mohicans ».
Ce film à une place a part dans la filmographie de Mann puisque jusqu'à
présent, malgré la qualité intrinsèque de ses métrages, il n’a jamais réussit a
frôler la perfection comme c’était le cas avec Le dernier des Mohicans.
A partir de ce film Mann est reconnu par le grand public. Le dernier des
mohicans reste à ce jour le plus gros carton de Mann au box office.
Comme souvent Mann s’appuie sur un roman et fait appel a un casting solide avec
Daniel Day Lewis et Madeleine Stowe en chefs de file. Mann nous gratifie du coté
de l’image de plans sublimes de la nature. Lui qui est habitué à filmer le
béton la nuit, ici il magnifie les paysages rocheux et nous en met plein les
yeux. Coté musique, Mann engage Trevor Jones. Sa musique est en osmose complète
avec les images et contribue à donner au film son statut mythique.
Le dernier des mohicans est le chef d’œuvre de Mann. Il quitte temporairement
la ville et rejoint la nature pour nous compter cet épisode de l’histoire des
amériques. Tout est parfait dans ce film qui mêle avec brio le spectaculaire et
le roman historique.
Viandox
Manhunter / Le sixième sens
Will Graham
un ancien profiler du FBI retiré depuis 3 ans est appelé en renfort pour
coincer un serial Killer qui se fait appeler « Dragon Rouge ». Il a déjà décimé
deux familles et avant qu’il ne recommence son macabre rituel, le FBI doit a
tout prix l’arrêter. Pour l’aider dans sa lourde tache, Graham fait appel a un
serial killer qu’il a lui-même mis derrière les barreaux : Le docteur Hannibal
Lecter
Si c’est grâce à l’interprétation magistrale de Anthony Hopkins que l’on se
rappelle d’ Hannibal Lecter, c’est sous les traits de Brian Cox que le docteur
voit le jour au cinéma. En effet, pour son troisième film Michael Mann adapte a
l’écran le roman de Thomas Harris : Dragon Rouge.
La version de Mann est bien évidemment sans commune mesure avec l’adaptation
que Brett Ratner fera du roman dans les années 90. Ici tout sonne juste à
commencer par l’interprétation monumentale de William Petersen (Grissom des
experts Las Vegas) dans son rôle de profiler complètement en phase avec les
angoisses et les désirs du Dragon Rouge.
Concernant l’image, Mann nous gratifie de superbes plans comme à son habitude
mais ce en quoi le réalisateur excelle dans Manhunter c’est cette ambiance
glauque a vous glacer les veines. Il lui suffit de demander au comédien qui
incarne le dragon rouge d’enfiler un bas sur la tète pour donner au spectateur
la chair de poule.
Le seul point négatif que je noterai, serai l’utilisation de filtres verts et
bleus utilisés par Mann. Ces artifices tirent carrément le film vers les années
80 alors qu’il aurait très bien put rester intemporel.
Ce thriller psychologique est aussi puissant que le silence des agneaux de
Jonathan Demme et éclipse complètement le remake de Brett Ratner. Le travail
fournis par Mann est encore une fois impressionnant de justesse. Manhunter est
un thriller de haute volée qui a ravira les fans du docteur Lecter et les
amateurs de films a suspens.
Viandox
Le solitaire
Après 11
ans de prison, Franck rêve d'une vie meilleur. D'une vie où il n'aurait plus a
percer des coffres-forts pour vivre. Avec sa nouvelle femme, il voudrait se
retirer des affaires. Il accepte pour cela un coup qui va le mettre à l'abri financièrement
définitivement. Hélas, coincé entre la mafia locale et des flics pourris, les
plans de Franck ne vont pas se dérouler aussi facilement qu'il le souhaitait.
Pour son premier film sorti au cinéma, Mann dévoile déjà ses intentions pour
les prochains films. Il tourne pratiquement tous les plans du
"solitaire" de nuit pour prévenir qu'il aime filmer les villes de
nuit et qu'il recommencera l'expérience. Il nous raconte l'histoire d'un type (interprété
par James CAAN) qui essaye de se sociabiliser mais qui est rattrapé par ses
démons comme la majorité des héros de ses autres films. Il impose un rythme
assez lent au spectateur et se concentre sur la psychologie des personnages plutôt
que sur l'action.
Le solitaire qui rappelle le Samouraï de Melville a été boudé par la critique
et surtout par les spectateurs alors que Mann prends un soin presque
chirurgical à poser la première pierre de l'énorme édifice qu'il entends bien
construire a fil des ans. Mann accouche d'un polar nocturne efficace qui est
très plaisant à regarder
Viandox
21 juillet 2006
La colline a des yeux
Avec son
diplôme de faiseur de bons films a ambiance en poche, c'est tout naturellement
que Alexandre Aja a succombé aux sirènes d'Hollywood. Son projet le remake du
film de Wes Craven : La colline a des yeux.
Dans «
Haute tension », son précédent film, Aja invitait un tueur sanguinaire dans une
petite bourgade rurale française. Le résultat était impressionnant de maîtrise
pour un réalisateur a peine âgé de 25 ans. Le seul bémol résidait dans la
fin du métrage. Le producteur du film (un certain Luc B) aurait demandé au
jeune réalisateur d'édulcorer cette fin pour en faire un film tout public.
Drôle de manière d'agir mais plus rien n'étonne de la part du type qui essaye
de caser des Yamakasi a toutes les sauces.
Bref, Cette
fois ci, a grands renforts de dollars et d'hémoglobine, Aja invite
un monsieur et une madame tout-le-monde, leurs trois enfants, leur beau fils et
leurs deux chiens en plein désert américain. Ces pauvres citoyens républicains
heu... américain pardon, sont a mille lieux d'imaginer que le désert qui les
entourent fut autrefois le théâtre d'expérimentations nucléaires et que des
gens habitent encore ces collines ensablées.
Il ne faut
pas être devin pour connaître la suite... Un accident de voiture, des dégénérés
mentaux et physique qui en veulent au « humains », des meurtres en
pagailles, des tirs de shotgun en pleine tète. Tout y passe...
Aja est
vraiment passé maître dans son domaine. Il ne nous laisse pas souffler. Si la
première demie heure du métrage est lente, c'est tout simplement pour installer
son univers, son ambiance et, jouer avec nous en nous faisant sursauter
régulièrement. La colline à des yeux n'est pas à proprement parler un film
d'horreur mais plutôt d'un film a ambiance qui se transforme en « survival
movie » pour finir en un « revenge movie ».
Comme dans
« l'armée de morts » de Zack Snyder on sent très bien que la jeune génération
de réalisateurs a complètement compris les codes des films d'horreurs. Il les
utilisent pour donner un nouvel élan « grand public » a leurs films plutôt que
de réaliser des remakes qui seraient la copie conforme des films originaux.
« La
colline à des yeux » est un film maîtrisé de bout en bout. Une image léchée,
une photographie splendide et un scénario intelligent font de ce métrage un
spectacle hautement appréciable qui dissuadera sûrement certains vacanciers de
partir avec leurs caravanes.
Viandox






